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Etude biodiversité

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En 2020, une étude de la biodiversité favorisée par les MAEC depuis 2015 a été mise en place. Cette étude a été ciblée sur la mesure la plus souscrite, la mesure COUVER07 « création et entretien d’un couvert faunistique ou floristique ».

Echantillonnage des parcelles suivies

30 parcelles ont été sélectionnées en MAEC COUVER07 (13 en Essonne, 15 en Seine-et-Marne et 2 en Yvelines). Elles ont été choisies afin de couvrir différentes années d’engagement pour étudier le comportement des couverts dans le temps.

Les parcelles sont de forme rectangulaire et d’une taille minimum d'un hectare afin de pouvoir s’affranchir facilement de l’effet bordure. L’environnement des parcelles couvre des situations variées (boisé, urbain, ouvert…).

Localisation des 30 parcelles de MAEC suivies initialement par année d’implantation

 

Description des protocoles mis en place

5 protocoles ont été mis en place pour étudier la flore, les arthropodes volants et rampants et les oiseaux. Ces protocoles sont détaillés dans le tableau ci-dessous :

 

 

Analyse agronomique des couverts

Facteurs de réussite d’implantation

D’après les retours des enquêtes auprès des agriculteurs, les facteurs de réussite d’implantation et de développement des mélanges ont été résumés ci-dessous :

  • Conditions météorologiques favorables : humidité/pluie suffisantes au moment du semis
  • Période de semis : éviter les semis tardifs à l’automne notamment pour éviter la période où le ray-grass est compétitif et pour assurer une bonne implantation avant l’hiver
  • Historique de la parcelle et la banque de graines : si la parcelle contient une bande de graines adventices élevée, il est préférable d’effectuer un faux-semis avant d’implanter le couvert.
  • Proportions des espèces en mélange : si le mélange contient des espèces à fort pouvoir compétitif ou couvrant comme certaines graminées - fétuque, dactyle par exemple - il est recommandé d’introduire celles-ci en faible proportion.
  • Choix des espèces : favoriser un mélange composé d’au moins une ou deux espèces à développement rapide et compétitives vis-à-vis des adventices. Il est également conseillé de mélanger des annuelles et des vivaces pour que le couvert se maintienne dans le temps. Nous avons également remarqué qu’en Essonne, un mélange commercial a été proposé aux agriculteurs (Pronectar), et que celui-ci s’est bien implanté à chaque fois.

Dans la suite des analyses, les 22 parcelles catégorisées par un bon et moyen développement ont été utilisées pour les analyses agronomiques et de biodiversité car elles sont représentatives des couverts attendus par la mesure engagée.

Evolution des couverts dans le temps

En moyenne, les agriculteurs ont implanté six espèces (± 2) dans les MAEC. Le nombre moyen d’espèces implantées que l’on retrouve est de 3.5 (± 2) (Figure a). Plus la MAEC est âgée, plus le nombre d’espèces semées observées diminue car les espèces annuelles cessent de s’exprimer (Figure b).

 

Nombre moyen d’espèces semées et observées (a) globales (b) en fonction de l’âge du couvert.

 

Les couverts allant de 1 à 7 ans sont composés d’au moins 70% d’espèces qui ont été semées. Ce résultat montre que lorsque le couvert s’est bien implanté, celui-ci est capable de perdurer dans le temps en termes de recouvrement, et empêche ainsi que la flore spontanée ne se développe.

Cependant ce résultat est à nuancer car il s’agit d’une analyse globale qui regroupe différents types de mélanges. Le mélange retrouvé en année 7 est à base de luzerne, une espèce caractérisée par une forte pérennité, et qui a été broyée tous les ans.

Evolution de la ressource florale dans la saison

Les MAEC ont globalement offert un pic de floraison début juillet. L’abondance florale moyenne est de 120 unités florales par m². La richesse spécifique d’espèces en fleurs est légèrement supérieure en juin qu’en juillet. La ressource florale diminue drastiquement fin juillet (Figure 6). Ce résultat est accentué par l’année climatique, le mois de juillet a été caractérisé par une sécheresse superficielle intense suivi d’une canicule en août.

 

Evolution saisonnière de la ressource florale moyenne offerte par les MAEC durant l’été 2020 (les suivis aux différentes dates concernent les mêmes parcelles).

 

Étalement des floraisons observé sur quatre mélanges suivis de juin à fin juillet.

 

Photos: Fleurs de mélilot jaune, luzerne, mélilot blanc et sainfoin

 

Biodiversité liée aux couverts

Remarque : les méligèthes ont été exclues dans le traitement des données. Elles étaient très abondantes au mois de juin, période propice à leur développement, et perturbent la lecture des graphiques. De plus, l’origine de leur présence est liée aux cultures adjacentes (colza…) et non à la MAEC, bien qu’elles y trouvent une ressource intéressante.

Description de la biodiversité

De façon générale dans les MAEC, on retrouve en majorité des syrphes, des abeilles domestiques, des bourdons, des mouches et des papillons (Figure 8), des pollinisateurs attirés par la ressource florale offerte par les MAEC. Le filet fauchoir montre une diversité de familles élevée, traduisant une diversité de traits fonctionnels présents dans les couverts (Figure 8). Beaucoup de punaises, araignées, coléoptères, etc. ont notamment été capturés avec cette méthode. D’autre part, une régulation des ravageurs par les auxiliaires a souvent été observée, la présence de pucerons était automatiquement couplée avec celle de coccinelles, hyménoptères parasitoïdes, larves de chrysopes et syrphes. Les couverts sont donc riches en réseaux trophiques complexes.

Répartition des principales familles observées dans les 22 parcelles de MAEC avec (a) l’observation visuelle et (b) la méthode du filet fauchoir.

 

Les couverts de MAEC abritent près de trois fois plus d’insectes que dans la parcelle témoin. Cette dernière correspond à un relevé dans un couvert monospécifique de vulpin, il y a donc un biais du fait de l'absence de répétition dans plusieurs parcelles témoin, cependant le témoin a été effectué en juin au moment où globalement toutes les familles d’insectes étaient actives et présentes. La richesse de familles observées est également bien plus élevée dans les MAEC.

Comparaison de l’abondance moyenne et de la richesse moyenne des familles avec la méthode d’observation visuelle (22 parcelles) et le filet fauchoir (19 parcelles).

 

Une corrélation positive (r² de 0.69) est observée entre le nombre de fleurs moyen par m² et le nombre pollinisateurs moyen par m² (Figure 10).

Corrélation entre le nombre moyen de fleurs et de pollinisateurs par m² (15 parcelles du 77).

 

Sur l’ensemble des MAEC, la fonction écologique la plus représentée est celle des pollinisateurs (syrphes, abeilles, bourdons, papillons). On retrouve également une partie de décomposeurs, ravageurs et auxiliaires. Les ravageurs font principalement référence aux phytophages nuisibles des cultures (méligèthes, certaines punaises…). Cette classification des espèces reste relativement subjective et dépend du milieu, mais cela donne un ordre d’idée et une tendance de ce que favorise le couvert.

 

Répartitions relatives des principales fonctions écologiques observées dans les MAEC

De manière générale les espèces observées sont communes dans les milieux agricoles. D’après les retours d’enquête auprès des agriculteurs, nous avons identifié que la présence d’abeille domestique dans les couverts est corrélée à la présence de ruche dans l’environnement de la parcelle.

 

Photos: De gauche à droite et de bas en haut : bourdon terrestre sur de la phacélie, bourdon des champs sur une vipérine, syrphe porte-plume sur de la picride fausse vipérine et abeille domestique en vol, œdémère noble, mangore petite bouteille, punaise des baies (crédit photo : Sarah Leclerc).

 

La Chambre a porté en 2017 le PAEC Continuités écologiques 91-78-95 afin d’étendre à l’ensemble de la Région Ile-de-France l’ouverture des MAEC, dans la logique de restaurer et d’épaissir les continuités écologiques au-delà des territoires d’action prioritaire, et en milieu agricole. En plus de l’enjeu écologique, l’ouverture du PAEC avait pour objectif de contribuer à l’animation agricole générale vers des pratiques agricoles plus durables.
Quatre ans plus tard, nous constatons que le nombre d’agriculteurs engagé est très important
.

 

Conclusion de l’étude

Les mesures de type couvert sont les plus attractives. Les parcelles contractualisées contribuent au développement des trames vertes et bleues, d’autant plus qu’elles sont souvent localisées en lien avec des trames vertes et/ou bleues déjà existantes. Elles permettent de diversifier la mosaïque de cultures sur le territoire, et donc d’accroître la biodiversité. Elles offrent une source de nourriture particulièrement intéressante pour les pollinisateurs sauvages et les abeilles domestiques, mais également refuge et nourriture pour de nombreux arthropodes communs en milieu agricole. Le dispositif MAEC sensibilise de nombreux agriculteurs aux pratiques agro-environnementales, et permet d’aborder d’autres sujets (pratiques agricoles en général, autres types d’infrastructures agro-écologiques, gestion des éléments naturels…). En parallèle des actions déjà menées par la Chambre, ces mesures qui sont complémentaires favorisent l’évolution des pratiques agricoles.

La synthèse de cette étude est disponible ICI

 

DISPONIBLE EGALEMENT
Les guides réalisés pour présenter les espèces floristiques et les arthropodes